MATERIAL WANT

15 Septembre - 23 Octobre 2016
MATERIAL WANT
Une exposition de Matthew Plummer-Fernandez et JODI

Le terme “réplique” est utilisé pour éviter le jugement négatif lié à l'idée de “copie”, mais aussi pour inclure par définition le trait essentiel de la répétition des événements: la variation banale.George Kubler, Formes du Temps: Remarques sur l'Histoire des Choses, 1962

Matthew Plummer-Fernandez (UK), jeune artiste/chercheur sorti du Royal College of Art, utilise des processus algorithmiques et des techniques de fabrication numérique pour produire des objects sculpturaux, aliénation numérique d'objets quotidiens (ex. sa série Glitch Reality).

Le duo JODI (BE/NL), pionnier mondialement reconnu du Net Art dés 1995, poursuit un travail mêlant interventions en ligne et plastiques exploitant les failles d'Internet et les contenus des réseaux sociaux.

MATERIAL WANT est la première collaboration de Matthew Plummer-Fernadez et JODI. Conjuguant leurs pratiques respectives, ils explorent les hybridations que génèrent les algorithmes, les erreurs, les objets trouvés d'Internet et la fabrication numérique.
Le résultat de cette recherche commune? Une série de sculptures imprimées en 3D, objets à la fois étranges et familiers, entre assemblages incongrus et réalité distordue.

Découvrez la boutique en ligne: shop.materialwant.co

MATERIAL WANT s'inscrit dans la continuité de pratiques artistiques telles que le ready-made et l'assemblage, apparus début du siècle passé avec Marcel Duchamp, Dada et le Surréalisme. Mais au XXIe siècle, un objet peut exister de façon immatérielle sous forme de fichier 3D : créé par scanning ou inventé, puis copié, échangé, modifié avant d'être éventuellement matérialisé. Ce sont de tels objets trouvés sur Internet que Matthew Plummer-Fernandez et JODI ont choisis comme matière première de leurs sculptures. Sur diverses plateformes en ligne rassemblant les créations 3D de millions d'internautes, des agents logiciels automatiques (bots) créés par les artistes ont collecté une série d'objets. Cette collection constitue une sorte d'instantané de cette production populaire entropique mélangeant créations originales, copies et variations d'objets quotidiens ou d'icônes de la culture de masse.

D'autres bots remixent ensuite ces objets trouvés en une infinité d'assemblages, de "mash-ups" aussi incongrus que la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie (Lautréamont, Chants de Malrodor, 1869). Au terme de ce processus génératif, les artistes sélectionnent soigneusement quelques-uns de ces objets et les affinent pour permettre leur passage du numérique vers le monde réel, leur matérialisation, par impression 3D.

En parallèle à ces sculptures imprimées en 3D, l'exposition propose sous forme d'installation vidéo le site web MATERIAL WANT, sorte de boutique en ligne présentant la production spontanée d'objets virtuels par ces processus génératifs ; un flux continu de nouvelles hybridations fantastiques assemblées par les machines à partir de créations publiées en ligne, par nous, humains.

Le site est également une interrogation sur ce monde construit par les industries numériques où les algorithmes nous inondent de contenus créés automatiquement et à notre image, pour mieux nous capturer. Il ne manque qu'un bouton pour qu'ils se matérialisent. Les artistes du début du XXe siècle réagissaient à la production industrielle de masse des objets de la vie courante, les artistes d'aujourd'hui pointent à leur manière la production automatisée des contenus culturels qu'ils soient immatériels ou physiques.

Les créations de MATERIAL WANT sont cependant loin d'être lisses et formatées ; créés par des artistes lâchant leurs bots dans le monde numérique, objets transitoires singuliers, ils ont encore la puissance d'oeuvres.

Textes Additionnels (in English)

Matthew Plummer-Fernandez:
Un scénario digne de J.G.Ballard où les archives en ligne de modèles et scans 3D sont exploitées pour la production et vente de sculptures, transformant ainsi les « junk files » en objets de valeur. Un Futur/Présent continuant le Passé… (Read More)

Hans Verhaegen:
Une grenouille dans l’Atomium, un Snoop Dogg creux contemplant ses doigts, Yoda éclaté en fantôme pixelisé. Les hybridations exposées sont souvent drôles, comme des blagues imprimées en 3D. Et en même temps, tout cela dégage quelque chose de déprimant… (Read More)

À propos des artistes

Matthew Plummer-Fernandez est un chercheur et artiste numérique britanno-colombien, qui explore le rapport entre esthétique numérique et production artistique. Né à Londres élevé en Colombie, Matthew Plummer-Fernandez a obtenu en 2009 un master en Design Products au Royal College of Art, après des études en Graphisme à l'UCCA et en Ingénierie Mécanique Assistée par Ordinateur au Kings College London. Son parcours académique a façonné sa pratique artistique, lui donnant à la fois accès à une large palette d'outils de création, et à un contexte socio-technique à explorer.

Matthew Plummer-Fernandez utilise le scan 3D, la fabrication numérique et une approche algorithmique pour fabriquer des objets à la fois physiques et numériques qui brouillent la distinction entre ces deux mondes.

Il a réalisé des œuvres pour : V&A, Rhizome, Arts Co, et It's Nice That. Il a exposé dans divers musées et galeries tels que : Zhulong Gallery, Dallas; Onassis Cultural Centre, Athens; Cyberarts / Ars Electronica, Linz; Brighton Digital Festival et FACT Liverpool.

Joan Heemskerk (NL) and Dirk Paesmans (BE), duo qui forme le collectif JODI, sont considérés comme les pionniers du net art. Ils créent ensemble des œuvres vidéo et nouveaux médias qui jouent sur l'omniprésence croissante de la technologie dans nos vies quotidiennes. JODI détériorent et désassemblent des logiciels et jeux vidéos populaires, ainsi que des plateformes en ligne bien connues comme Google Maps ou Twitter, cultivant bugs et erreurs de programmation. Ils explorent les résultats étranges et hasardeux de ces dysfonctionnements, et proposent une nouvelle esthétique pour l'ère numérique.

Leurs œuvres ont été montrées dans de nombreux festivals et expositions internationaux, tels que : Documenta X in 1997, Rotterdam (DEAF98), ZKM (net_condition, 2000), Tokyo (2001, 2002), Madrid (Arco/De-game, 2001), Berlin (Transmediale: 1997, 2000, 2002, 2006), New York (1997, 2003, Guggenheim/2004, 2005, 2007), Chicago (ISEA97), Plug-In (Basle, 2002), Paris (Centre Pompidou/2003, 2004, 2006), SFMOMA (San Francisco, 2004), Montevideo (Amsterdam, 2006), Stedelijk Museum (Amsterdam) in the 'Deep Screen - Art in Digital Culture Proposal for Municipal Art Acquisitions 2008'. Ils ont présenté leurs travaux dans le cadre d'expositions solo telles que : GEO GOO à iMAL (2008, Bruxelles) ; INSTALL.EXE à Eyebeam (New York), qui a ensuite été montré à [plug-in] (Basel), BuroFriedrich (Berlin) ; et Computing 101B at FACT Centre (Liverpool).

Galerie Média

Matthew Plummer-Fernandez & JODI

Crédits

Concept & réalisation: Matthew Plummer-Fernandez et JODI avec Philipp Teister
Production: iMAL

Merci à i.materialise pour leur aide précieuse.

Dans le cadre de la Saison des Cultures Numériques 2016