Playing Games, Music, Art

Que se passe-t-il lorsque la charge émotionnelle accumulée dans votre vieil ordinateur vous pousse à aller le rechercher du grenier où vous l'aviez remisé depuis des annés? Quand vous ne pouvez plus supporter de travailler avec ces machines de plus en plus sophistiquées qui promettent toujours plus de liberté, alors qu'elles vous enferment dans le moule gentiment conçu par quelque grande compagnie? Quand enfin vous décidez qu'il est grand temps de plonger vos mains dans leurs entrailles électroniques?

Réinventer le Médium: de la Musique aux Arts Visuels

Il se passe alors un acte de réinvention du médium. Tout au long des années 90', des artistes se sont mis à travailler à  la réinvention de technologies obsolètes, qu'elles soient digitales ou analogiques: vinyles, ordinateurs "vintage", consoles de jeu,… "Hackers" de logiciels, bidouilleurs des circuits électroniques, ils ont transformé ces "médias morts" en puissants outils de création artistique. Playlist est une exposition explorant ces recherches, en se concentrant sur les relations entre les expérimentations musicales et visuelles, parce que nous croyons que ce sont ces premières qui ont souvent été le moteur dans le renouveau des arts visuels.

Chiptunes, 8-bit Punk et Arts Médiatiques

Le point de départ de Playlist est l'exploration de la scène "chiptune", née du recyclage de plate-formes obsolètes de jeux vidéo pour créer de nouveaux instruments de musique. L'exposition montre que le phénomène de "retrogaming' que l'on trouve dans les arts visuels est en fait le résultat de ce mouvement musical, qui en quelques années s'est répandu de par le monde en festivals et clubs, influençant  toute la scène musicale. Les recherches artistiques visuelles et musicales ont ainsi progressé en parallèle, explorant les sons "lo-fi", les esthétiques basse résolution, les couleurs et notes synthétiques.

Playlist propose des oeuvres d'artistes issus de la scène "chiptune" et des arts médiatiques, partageant des attitudes telles que do-it-yourself (DIY), refus subversif de l'obsolescence planifiée, esthétiques des défaillances de la matière électronique. On y trouve des objets, des installations, des vidéos, des oeuvres sur vieux ordinateurs ou imprimées, mais aussi des instruments, des outils et logiciels, du hardware, des disques, de la musique 8-bit, des documentaires et des plate-formes communautaires.