Thomas Garnier
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Thomas Garnier a été sélectionné pour la résidence EMAP 2026 au WRO Art Centre de Wrocław.
Dans le cadre de ce projet, iMAL a le plaisir de collaborer avec WRO Art Centre en mettant à disposition les installations de son fablab pour la réalisation de l’œuvre.
Cénotaphe
Aux quatre coins du monde, des bâtiments, des quartiers, voire des villes entières s’élèvent à une vitesse fulgurante. Frappées d’obsolescence précoce, ces constructions basculent directement du chantier à l’état de vestige sans jamais avoir été habitées — de « ghost cities » en « tofu-dreg buildings », elles incarnent le phénomène des ruines instantanées.
Cénotaphe est une installation mécanisée qui assemble et désassemble en continu des éléments sculpturaux en béton, générant le paysage évolutif d'une ville infinie en maquette. Dans l'envers de ce dispositif s'accumulent les résidus de cette production perpétuelle. Un système de caméra mobile traverse en direct les entrailles de l'architecture, créant un travelling immersif qui trouble les échelles et le regard du spectateur.
Par définition, un cénotaphe est un tombeau dressé à la mémoire d'un défunt mais ne contenant aucun corps. À cette image, cette cité automatisée est désertée depuis sa création, dénuée de toute fonction usuelle. Cette anti-architecture s'affirme comme le monument d'une promesse suspendue : celle d'un espace conçu pour une occupation humaine qui n'adviendra jamais.
Né en 1991, Thomas Garnier est un artiste contemporain et visuel français formé initialement à l’architecture. Il est diplômé du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains où il a reçu le prix spécial «Révélations Art Numériques» de l’ADAGP, société des artistes français pour son installation «Cénotaphe». Son travail a depuis été présenté lors d’événements internationaux, de festivals et de biennales tels que la Nuit Blanche (Belgique), la biennale WRO (Pologne), la biennale Nemo et la biennale Chroniques (France), ou encore dans des fondations telles que la Fondation Fosun (Shanghai) et la Fondation Fiminco (Paris).
Sa pratique est celle d’un artiste mais aussi d’un chercheur ou d’un hétérotopologue, tel que défini par Foucault dans son texte «les espaces autres». Cette recherche et construction de sens dans le ‘’liminal’’ ou ‘’l’entre deux’’ l’amène à produire des sculptures automatisées en effondrement, des images animées infinies qui tournent en boucle sur elles-mêmes, des chimères et accumulations linguistiques de mouvements artistiques inexistants.
Il recherche ainsi des lieux singuliers et lointains, des motifs matériels et immatériels qui influent sur la structure de l’espace, de nos paysages anthropocéniques. La nature critique des œuvres se développe à travers la déambulation, et l’observation d’espaces réels. Dans le travail de Thomas Garnier, nous semblons assister à l’archéologie d’un monde calqué sur le notre, dérivé et à la dérive, pris entre et obsédé par la congrégation de multiples temporalités et techniques, dérivées d’un futuro-primitivisme inexistant, d’un supra-romantisme fiévreux, d’un multi-brutalisme écrasant.